Questions sur le régime de pension au Luxembourg
Pourquoi des adaptations sont-elles nécessaires ?
Pourquoi des adaptations sont-elles nécessaires ?
Le système de pension luxembourgeois est à l’équilibre financier aujourd’hui. Mais les dernières projections de l’IGSS, l’Inspection générale de la sécurité sociale, sont catégoriques : dès 2026, le système paiera plus de prestations qu’il n’arrivera à recueillir de cotisations ; les dépenses dépasseront les recettes. Et ce déséquilibre va s’aggraver avec les années.
La raison ? Des départs en pension plus nombreux, reflétant les entrées dans le monde du travail d’il y a environ 40 ans, avec des taux de progression qui s’étalaient en moyenne à au moins 3 %, et, en parallèle, un ralentissement sensible de l’essor économique, dont dépend l’évolution du nombre de cotisant·es, qui devrait tourner autour de 1 % dans les années à venir.
Quel est l’impact des adaptations sur la situation financière du régime des pensions ? Sera-t-il garanti pour le long terme ?
Quel est l’impact des adaptations sur la situation financière du régime des pensions ? Sera-t-il garanti pour le long terme ?
Les mesures proposées permettent de stabiliser le régime général. Par rapport au dernier scénario actualisé par l’IGSS, les échéances respectives (dépassement de la prime de répartition pure*, non-respect de la réserve légalement requise et épuisement de la réserve), sauront être décalées d’environ 4 années de sorte à permettre de considérer des mesures complémentaires.
* La prime de répartition pure représente le rapport entre les dépenses courantes annuelles et la totalité des salaires, traitements et revenus cotisables à la base des recettes annuelles en cotisations du régime général de pension.
Les adaptations prévues sont-elles suffisantes ou faut-il s’attendre à d’autres adaptations complémentaires ?
Les adaptations prévues sont-elles suffisantes ou faut-il s’attendre à d’autres adaptations complémentaires ?
Les mesures proposées nous permettent de stabiliser la situation financière du système des pensions pour les prochaines 4 années et les indicateurs appelant des mesures plus strictes restent dans les normes légales pour les 15 prochaines années. Chaque Gouvernement devra prendre ses responsabilités et continuer à aménager le système afin de garantir un système d’assurance pension adapté aux futures générations.
Quelles sont les assurances que je puisse donner à mes enfants pour leur futur ?
Quelles sont les assurances que je puisse donner à mes enfants pour leur futur ?
Le gouvernement a pris aujourd’hui ses responsabilités afin de réduire les défis qui se dressent à l’horizon. Les mesures envisagées entament un processus de réflexion et de modification continu qui exige un engagement fort de nous toutes et tous. Il s’agit d’adapter le système aux évolutions de notre société afin de pouvoir garantir les pensions pour les générations à venir.
Que signifie le maintien du modérateur de réajustement ?
Que signifie le maintien du modérateur de réajustement ?
Cela signifie que si un jour le nouveau taux de cotisation ne suffisait plus pour payer les pensions, le gouvernement devra proposer à la Chambre des députés de ne pas appliquer entièrement le prochain réajustement prévu après le constat du déficit. Il pourrait être supprimé entièrement ou maintenu au maximum pour moitié du taux d’augmentation prévu. Or les mesures annoncées lors de la réunion avec les partenaires sociaux et introduites dans le cadre des adaptations à partir du 1er janvier 2026, visent à stabiliser la situation financière du régime pour les années à venir. Cette stabilisation permet de suspendre l’application du modérateur d’ajustement durant cette période.
Questions sur les adaptations prévues en 2026
Après les adaptations de 2026, combien d’années dois-je travailler pour bénéficier d’une pension ?
Après les adaptations de 2026, combien d’années dois-je travailler pour bénéficier d’une pension ?
Au Luxembourg, l’âge de départ à la pension est fixé à 65 ans. Néanmoins le législateur a mis en place un dispositif de départ en pension de vieillesse anticipée soumis à des durées d’affiliation.
Ainsi un départ en pension de vieillesse anticipée à partir de l’âge de 57 ans est possible avec 40 années de périodes d’assurance obligatoire à cotisations effectives (y compris les périodes dites « baby-years » au titre de l’article 171 du Code de la sécurité sociale). Ces conditions ne changeront pas. Donc, toute personne qui a atteint ses 57 ans et qui a travaillé pendant au moins 40 années peut prétendre à sa pension de vieillesse anticipée.
Pour les départs en pension de vieillesse anticipée à partir de l’âge de 60, il faut distinguer deux cas de figure. Premièrement, les assuré-és qui ont accompli 40 années de travail. Ces assuré·es peuvent toujours partir en pension sans devoir rallonger leur durée d’assurance.
En second lieu, le rallongement concerne les personnes qui à partir de 60 ans, remplissent la condition des 40 années d’assurance grâce à des périodes complémentaires, des périodes d’assurance volontaire et d’achats rétroactifs et non seulement sur la base de périodes obligatoires liées à une activité rémunérée. Ces assuré·es devront rallonger leur période d’assurance suivant le tableau suivant :
Année où les conditions d’ouverture du droit seraient remplies selon le dispositif en place: Nombre de mois entiers à rajouter
2026 : 1
2027 : 2
2028 : 4
2029 : 6
2030 : 8
après 2030 : 8
Ainsi, quelqu’un qui selon les dispositions actuelles, pourrait partir en pension à 60 ans au 1er janvier 2030, doit repousser son départ au 1er septembre de la même année.
Y aura-t-il une transition progressive vers le nouveau système, et comment ?
Y aura-t-il une transition progressive vers le nouveau système, et comment ?
La transition se fait en augmentant la durée au fur et à mesure sur les 5 prochaines années. Ainsi, en 2026 et en 2027, la durée de cotisation sera allongée par 1 mois par an, et entre 2028 et 2030 la durée de cotisation sera allongée par 2 mois par an.
Restera-t-il possible de partir à la pension plus tôt (cas d’invalidité, métiers difficiles, etc) ?
Restera-t-il possible de partir à la pension plus tôt (cas d’invalidité, métiers difficiles, etc) ?
Il n’y aura pas de changements au niveau des critères de départ en pension d’invalidité ni pour les mesures existantes au niveau des métiers de travail posté et de la préretraite ajustement. Et comme déjà expliqué auparavant, tout un chacun qui a travaillé pendant 40 ans et qui a atteint l’âge de 57 ans, a le droit de partir en pension de vieillesse anticipée.
Qu’est-ce que la pension progressive ? Et pourquoi l’introduire ?
Qu’est-ce que la pension progressive ? Et pourquoi l’introduire ?
Un système de départ progressif en pension existe déjà au niveau de la fonction publique.
L’introduction d’un système similaire pour le secteur privé permettra à ceux qui le désirent de ne pas vivre un départ souvent ressenti comme trop brusque en « inactivité professionnelle ». À partir du moment où l’assuré·e aura droit à sa pension, il lui sera loisible de proposer à son employeur, ou à la demande de l’employeur, de poursuivre l’exercice de son activité professionnelle à temps partiel, tout en bénéficiant d’une indemnité de pension progressive. Pour l’employeur, cette option permet également de profiter de l’expertise accumulée des salariés et d’assurer une transition plus fluide.
Si je suis déjà à la pension, suis-je concerné·e ?
Si je suis déjà à la pension, suis-je concerné·e ?
Non, les personnes qui sont déjà en pension, ne sont pas concernées par les adaptations prévues.
Si je suis proche de la pension, suis-je concerné·e ?
Si je suis proche de la pension, suis-je concerné·e ?
Chaque personne qui part en pension après janvier 2026 est, au moins partiellement, concernée par les adaptations. À partir de janvier 2026, le taux de cotisation passera de 24 % à 25,5 %. Une pension progressive sera également introduite. À partir du 1er juillet 2026, les mesures proposées prévoient un rallongement progressif de la durée de cotisation, pour atteindre un total de huit mois supplémentaires d’ici 2030.
Quel effet le nouveau système aura-t-il sur le montant de ma pension ? Sera-t-elle plus basse ou plus élevée après les adaptations de 2026 ?
Quel effet le nouveau système aura-t-il sur le montant de ma pension ? Sera-t-elle plus basse ou plus élevée après les adaptations de 2026 ?
La formule de calcul ne sera pas affectée par les mesures, mais dans la mesure où la durée de cotisation se rallonge, la somme des salaires augmentera et par conséquent aussi le montant de la pension calculée.
Pourquoi prévoir une augmentation du taux de cotisation ?
Pourquoi prévoir une augmentation du taux de cotisation ?
En l’absence des mesures annoncées, les prévisions tablent à partir de l’année 2026 sur un déficit au niveau du solde recettes/dépenses de sorte que le taux de cotisation ne suffit plus pour couvrir les dépenses en pensions à payer. Le relèvement du taux de cotisation préviendra ce déficit et le comblera jusqu’en 2030 selon les paramètres économiques actuels. Cette mesure est proposée pour des raisons d'équité, afin d'impliquer les trois parties prenantes dès maintenant dans les efforts visant à garantir la viabilité à long terme du système des pensions.
Le mode de calcul des pensions va-t-il changer ?
Le mode de calcul des pensions va-t-il changer ?
Non.
Pourquoi introduire un abattement fiscal pour les salarié·es qui continuent leur activité professionnelle ?
Pourquoi introduire un abattement fiscal pour les salarié·es qui continuent leur activité professionnelle ?
L’abattement fiscal accordé aux salarié·es pouvant prétendre à la pension mais choisissant de poursuivre leur activité, même à temps partiel, constitue un incitatif financier à prolonger la vie professionnelle. Il contribue ainsi, par le maintien des cotisations, à l’équilibre financier du régime de pension et valorise l’effort consenti par celles et ceux qui travaillent plus longtemps.
Pourquoi l’allocation de fin d’année est maintenue malgré les mécanismes prévus par la réforme de 2012 ?
Pourquoi l’allocation de fin d’année est maintenue malgré les mécanismes prévus par la réforme de 2012 ?
Un certain nombre de citoyen·nes sont soumis à un risque de pauvreté accru lors du départ en pension. Supprimer l’allocation de fin d’année, qui constitue un forfait modeste liquidé en décembre en fonction de la durée de carrière de l’ordre de 1.000€ pour une carrière complète, signifie une perte considérable de revenu en fin d’année, notamment pour les ménages à faible revenu. Le gouvernement réaffirme son engagement à soutenir le pouvoir d’achat et n’entend entreprendre aucune action qui mettrait à risque ces acquis sociaux.
Quel est l’intérêt d’une assurance pension privée et quelle différence fera l’augmentation du montant de base défiscalisé ?
Quel est l’intérêt d’une assurance pension privée et quelle différence fera l’augmentation du montant de base défiscalisé ?
Pour les personnes qui en ont la capacité financière, la constitution d’une épargne privée représente un moyen pertinent pour anticiper et atténuer une éventuelle diminution de revenus au moment du départ à la pension. Les produits financiers proposés par les compagnies d’assurance offrent notamment la possibilité de souscrire un contrat de pension complémentaire, bénéficiant depuis plusieurs années d’un avantage fiscal sous la forme d’un abattement annuel de 3.200 €. Relever ce plafond de déductibilité des primes d’assurance pension complémentaire de 3.200 à 4.500 € revient à permettre de payer moins d’impôts lors de la constitution des fonds et d’augmenter le montant perçu au moment du départ en pension.
Ainsi, le gouvernement entend reconnaître et encourager davantage l’effort supplémentaire des personnes privées.
Les adaptations du régime de pension touchent-elles tout le monde de la même façon ?
Les adaptations du régime de pension touchent-elles tout le monde de la même façon ?
Toutes et tous les salarié·es et fonctionnaires sont touché·es de la même façon par les mesures proposées. À l’exception du prolongement de la durée de cotisation de 8 mois, qui ne touchera pas les fonctionnaires ayant débuté leur carrière auprès de l’État avant le 1er janvier 1999.
Est-ce que c’est vrai que les générations les plus jeunes paieront pour les plus âgées ?
Est-ce que c’est vrai que les générations les plus jeunes paieront pour les plus âgées ?
Le vieillissement démographique (plus de retraités, moins d’actifs) implique de manière automatique que la charge des cotisations se reporte davantage sur les jeunes. Cela peut donner l’impression qu’ils et elles « paient pour les autres » sans garantie de bénéficier eux-mêmes du même niveau de pension.
Or, l’enjeu central des adaptations du régime de pension est celui de l’équité générationnelle. Le gouvernement entend garantir le système des pensions pour les retraités actuels, mais également le pérenniser pour les générations à venir.
Les mesures proposées, en complément de celles déjà en place, exigent donc un effort collectif afin de préparer les défis qui se présentent à l’horizon.
Comment me renseigner sur l’impact des adaptations du régime de pension sur mon cas personnel ?
Comment me renseigner sur l’impact des adaptations du régime de pension sur mon cas personnel ?
À partir de l’âge de 56 ans, votre votre caisse de pension (en fonction de votre régime) vous permet d’avoir une estimation succincte de la date possible de départ à la pension et du montant prévisionnel de votre pension, à condition que toutes les données relatives à votre carrière d’assurance soient disponibles. C’est souvent le cas si vous avez accompli une carrière complète au Luxembourg. Sinon, la caisse de pension compétente entame les démarches auprès des caisses étrangères pour compléter et consolider votre carrière d’assurance avec les périodes afférentes.
Chaque année le relevé de carrière vous renseigne sur ces données et vous permet de suivre l’évolution du montant estimé de votre pension, afin d’avoir une idée plus précise du montant.
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